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Religion

L'islam
Il a été fondé par le prophète Mahomet (Mohamed), originaire de La Mecque. En 610, il reçoit de l'ange Gabriel la révélation de l'islam, révélation qui constituera plus tard le Coran. Persécuté par les tenants des dieux païens, Mahomet s'enfuit à Médine en 622. C'est l'Hégire, qui marque le début du calendrier musulman. En 630, il fait un retour triomphal à La Mecque, enfin convertie à la nouvelle religion. A sa mort, deux ans plus tard, toute l'Arabie est musulmane et les fidèles se lancent à la conquête du monde. Aujourd'hui, près de 90 % de la population égyptienne est de confession musulmane sunnite. L'islam est d'ailleurs la religion officielle, inscrite comme telle dans la Constitution amendée en 1981.
Tout musulman doit suivre des règles fondamentales, les « cinq piliers de l'islam » :
la profession de foi : « Il n'y a de dieu que Dieu et Mahomet est son Prophète ». Elle est dite à chaque prière ;
la prière est annoncée cinq fois par jour. L'appel du muezzin, aujourd'hui relayé par des haut-parleurs, rythme la vie du pays tout entier. Le croyant doit prier pieds nus et tourné vers La Mecque. La prière la plus importante est celle du vendredi midi : les mosquées sont souvent trop petites pour contenir tous les fidèles. Dans ce cas, on installe les tapis de prière dans la rue ;
l'aumône(zakkat). Les fidèles peuvent s'enrichir, à condition de donner une partie de leurs revenus aux pauvres. C'est pour cette raison que la mendicité fait partie intégrante de la vie quotidienne ;
le jeûne du Ramadan, 9e mois de l'année lunaire. C'est le mois sacré pour les fidèles, qui doivent - sauf dérogation - s'abstenir pendant tout le jour de manger, boire, fumer et avoir des relations sexuelles. En Egypte, c'est une période très particulière. L'activité du pays est totalement désorganisée et la fête commence dès le coucher du soleil pour se prolonger très tard dans la nuit ;
le pèlerinage(hagg)à La Mecque. Chaque musulman se doit de l'accomplir au moins une fois dans sa vie. Mais le voyage coûte fort cher...

Les chrétiens (coptes) constituent une assez forte minorité, puisqu'ils représentent environ 8 % de la population. La grande majorité suit le rite orthodoxe, sous l'autorité de leur patriarche, Chenouda III. Les coptes habitent souvent des villages ou des quartiers distincts. Ils se démarquent également par une croix tatouée sur le poignet. Certaines églises ont adopté les néons, pour rivaliser avec ceux des mosquées.
Depuis plusieurs années, la communauté chrétienne est en butte aux attaques des islamistes armés.

Us et coutumes

Chrétiennes ou musulmanes, elles rythment l'année des Egyptiens. Nombre d'entre elles sont aussi fériées.
Cham el-Nessim est l'une des fêtes les plus populaires d'Egypte. Le premier lundi après la Pâque copte, les Egyptiens, musulmans comme chrétiens, envahissent les espaces verts pour célébrer le printemps et la douceur de l'air. Des joutes sont organisées sur le Nil et les marchands de poisson séché font leurs meilleures affaires de l'année.
La fin du Ramadan est fêtée par le petit Baïram, dit aussi Aïd el-Fitr. Soixante-dix jours plus tard se déroule une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman : l'Aïd el-Kebir, ou grand Baïram, qui commémore le sacrifice d'Ismaïl par Abraham. Chaque famille se doit d'égorger un mouton, soigneusement engraissé durant des mois.
Toute l'année se déroulent partout en Egypte des mouled,fêtes populaires dédiées aux saints. Ils sont plus ou moins importants selon le saint célébré et selon le village ou le quartier. Celui de Sayyeda Zeinab, au Caire, rassemble plusieurs centaines de milliers de personnes venues de toute l'Egypte pendant plusieurs jours. Mais le plus important est incontestablement le Mouled en-Nabi (fête du Prophète), au cours duquel petits et grands dégustent des poupées de sucre.

Géographie

Située à l'extrémité nord-est de l'Afrique et sur la péninsule du Sinaï, l'Egypte est un vaste quadrilatère de 1 000 km de long sur 1 200 km de large, bordé par la Libye, le Soudan et Israël. Mais le pays le plus peuplé d'Afrique après le Nigeria ne profite que de quelque 4 % de son territoire : l'étroite bande de la vallée du Nil, qui s'élargit en triangle à partir du Caire pour former le delta.
Hors du plus long fleuve du monde, hors de ses eaux nourricières, point de salut : ce ne sont que déserts, dunes, roches et montagnes arides. Le sable vient se perdre en pente douce sur les rives de la Méditerranée. Il dévale les pentes abruptes des montagnes du Sinaï jusqu'à la mer Rouge. Les politiques de bonification des terres et les constructions de villes nouvelles ne réussissent guère à rendre le désert plus hospitalier...
Le Nil, lui, termine ici sa course commencée au coeur des grands lacs équatoriens et des montagnes éthiopiennes. Jusqu'à la construction du barrage d'Assouan, en 1963, il montrait chaque année sa puissance en inondant les rives et sa bonté en y déposant le limon qui fit de la vallée du Nil la terre la plus fertile du monde. Aujourd'hui dompté, il prend sa revanche : la terre s'appauvrit et réclame chaque année plus de fertilisants. Lions, hyènes, hippopotames et crocodiles de l'Antiquité, lotus et papyrus ont disparu. Faune et flore sont domestiquées, tout entières dévouées à la survie de l'homme. Le chameau, bête de somme incomparable de résistance, à la viande comestible, l'âne solide, la vache et le cheval : voilà les rois des bords de Nil. La canne à sucre, le trèfle, le blé et l'orge, le riz et le coton : voilà ce que, jour après jour, les fellahs (paysans) cultivent, la bêche à la main. Le palmier dattier est omniprésent, et les arbres fruitiers donnent à l'Egypte un goût de paradis et aux rives du Nil, une douceur inégalée.

Le Nil pourra-t-il encore longtemps nourrir tous ses enfants ? La surpopulation constitue en effet l'un des problèmes les plus préoccupants de l'Egypte contemporaine. Les chiffres sont parlants : 3 millions d'habitants au début du XIXe siècle, plus de 70 millions au début du XXIe siècle ! Et ces 78 millions d'habitants sont concentrés sur une surface utile équivalant à la superficie de la Belgique... Si la densité moyenne est de 400 hab./km2 (contre 95 en France), elle atteint 32 000 hab./km2 au Caire, avec des pointes de 100 000 hab. au km2 dans les quartiers les plus pauvres, grossis par l'exode rural. Parce qu'il est difficile de trouver un emploi - et surtout un emploi décemment payé - en Egypte, l'émigration économique constitue, pour nombre de jeunes, un passage obligé. Pâtissiers, médecins, professeurs, ingénieurs : ils sont plus de 2,5 millions à travailler à l'étranger, notamment dans les pays du Golfe, dans des conditions de vie souvent difficiles. Car, comme le dit le proverbe, éloignez l'Egyptien de son Nil, il en mourra..

Histoire

Le trésor de Toutankhamon, les dieux à tête de chien ou d'ibis, la beauté des bas-reliefs et la grandeur des pyramides : comme l'Egypte nous a fait rêver pendant les cours d'histoire ! Et comme ces quelques images sont réductrices d'une civilisation de trois millénaires ! Tout commença, un jour, au bord du Nil...

Au paléolithique, le climat tropical qui règne sur l'Afrique du Nord cède peu à peu la place à l'aridité et au désert. Repoussés par l'inexorable extension du Sahara, les chasseurs nomades se regroupent le long du Nil.
Progressivement, ces groupes humains se sédentarisent. Au cours du néolithique (-10 000 à -6 000 ans av. J.-C.), ils érigent des villages, font l'apprentissage de l'agriculture, de l'élevage, de la poterie et du tissage. Déjà, leur vie est rythmée par les crues du fleuve.
Cinq millénaires avant notre ère, les villages se regroupent en petites principautés, chacune adorant ses propres divinités. Peu à peu, deux royaumes voient le jour, l'un au nord, dans le delta (Basse-Egypte), l'autre au sud, dans la vallée du Nil (Haute-Egypte). Le souverain du Nord arbore une couronne rouge; son voisin du Sud, une couronne blanche.

Trois mille deux cents ans avant notre ère, peu après l'apparition de l'écriture hiéroglyphique, le royaume du Sud envahit celui du Nord. Le puissant roi Narmer, incarnation du dieu Horus, devient ainsi le premier souverain de la première dynastie. Il coiffe le pschent, la double couronne rouge et blanc, qui symbolise, pour les trois millénaires à venir, l'unité des deux royaumes.
Les deux premières dynasties, installées à This, près d'Abydos, s'attachent à construire un Etat centralisé, dirigé par un monarque absolu et une administration très hiérarchisée. La plupart des institutions égyptiennes apparaissent à cette époque. Les rites funéraires sont fixés. L'écriture se développe et, avec elle, la puissance des scribes, ancêtres de nos bureaucrates modernes. L'irrigation est planifiée à grande échelle. A la lisière du delta, surgit la ville de Memphis, future capitale de l'Ancien Empire.

C'est l'ère des témoignages éclatants de la toute-puissance des pharaons. Djoser, fondateur de la IIIe dynastie, se fait construire, à Saqqara, un monumental ensemble funéraire. Son ministre-architecte, Imhotep, y inaugure l'emploi à grande échelle de la pierre de taille et impose la forme pyramidale pour le tombeau royal.
Les pyramides à faces lisses sont construites par les pharaons de la IVe dynastie. Mais on ne sait pas grand-chose de Khéops, Khéphren et Mykérinos. Peu de textes de cette époque ont survécu au temps.
Les pharaons mènent une politique étrangère très active : échanges commerciaux avec les cités du Levant, guerres de conquête contre la Libye, la Nubie et le Sinaï, dont les mines fournissent des matériaux précieux. Le clergé, maître de la ville sainte du dieu Râ, Héliopolis, pèse de tout son poids sur les pharaons, « fils de Râ ».
Bien que très développée, l'administration ne réussit pas à maintenir un Etat centralisé. Les nomarques, gouverneurs des provinces (nomes), échappent progressivement à l'autorité du pouvoir central. Ils transforment leur mandat, délivré par le vizir, en charge héréditaire. Malgré un règne centenaire - le plus long de l'histoire du monde - Pépi II ne réussit pas à rétablir la situation. Avec lui s'éteint la VIe dynastie et s'ouvre une période troublée, marquée par une révolution sociale violente.

Tueries, invasions, cultures dévastées, villages abandonnés, famines, pillages, profanations des tombeaux royaux et nostalgie de la grandeur des temps anciens : voilà le tableau, ô combien sombre, laissé par les textes de cette époque, les Lamentations d'Ipouour ou le Dialogue d'un Egyptien avec son âme.
Les rois se succèdent rapidement, renversés aussitôt qu'ils ont conquis le pouvoir, et l'Egypte se divise en deux royaumes. C'est de la capitale du Sud, Thèbes (l'actuelle Louxor), que viendront la paix et l'unité retrouvées.

Mentouhotep 1er, roi de Thèbes, met quinze ans à reconquérir toute l'Egypte. Il remplace les nomarques par des fonctionnaires fidèles et protège le pays des invasions en faisant construire des fortifications face au Sinaï. Renouant avec la prospérité, l'Egypte reprend sa politique d'expéditions militaires contre la Libye et la Palestine et reconquiert la Nubie. Amménémès 1er, fondateur de la XIIe dynastie, abandonne Thèbes pour le Fayoum, plus central. La civilisation s'épanouit : langue et littérature dites « classiques », chefsd'oeuvre artistiques et démocratisation politique.
Le pouvoir religieux reste à Thèbes : c'est sa divinité locale, Amon, associée à Râ, qui prend le pas sur les autres. Osiris, lui, règne sur le royaume des morts et ouvre les portes de l'au-delà à tous les justes. Jusqu'au Moyen Empire, seuls le pharaon et ses proches franchissaient ces portes...

Les rois de la XIIIe, puis de la XIVe dynastie, ne brillent guère au firmament des pharaons. Faibles, incapables de maintenir l'unité du pays, ils laissent les Hyksos prendre possession du delta. Ces tribus sémites venues de haute Syrie jouissent, il est vrai, d'une avance technique considérable, connaissant le fer et surtout le cheval et la roue.
Pour la première fois de son histoire, l'Egypte est donc dirigée par des étrangers. Encore une fois, le salut vient de Thèbes : utilisant les armes de ses adversaires, la XVIIe dynastie reconquiert peu à peu le Nord.

Revoici donc le temps de la splendeur de Thèbes. C'est le règne dieu Amon et des pharaons les plus illustres. Le temple de Karnak, la rive est du Nil, tout entier dédié à la divinité, prend une ampleur fastueuse. La rive ouest devient nécropole : le premier, Aménophis Ier fait ériger sa tombe dans la vallée des Rois. Hatchepsout, la reine-pharaon, y fait construire son complexe funéraire : le temple de el-Bahari.
Son neveu et successeur, Thoutmosis III, triomphe militairement repousse les frontières de l'Empire, qui s'étend désormais de l'Euphrate à la quatrième cataracte du Nil. Les richesses, or, matières premières précieuses et esclaves, affluent des terres conquises. Elles assoient le pouvoir de Pharaon et, plus encore, celui tout-puissant clergé d'Amon.
Aménophis IV tente de contrecarrer cet Etat dans l'Etat. Il rejette Amon, ses prêtres et le reste du panthéon des dieux pour n'en honorer plus qu'un seul : Aton, le disque solaire. Il prend pour nom Akhenaton, quitte Thèbes avec sa belle épouse, Néfertiti, et fonde une nouvelle capitale : Amarna. Trop pacifiste sans doute, il ne prend pas garde aux menaces qui s'accumulent et laisse les Hittites s'emparer des positions égyptiennes en Asie.
Son gendre abandonne la nouvelle religion, revient à Thèbes, remet à l'honneur le culte d'Amon et se fait appeler Toutankhamon. Sa mort précoce ne lui permettra pas de laisser une grande trace dans l'histoire, si ce n'est par les merveilles inouïes de son tombeau, découvert intact.
Ses successeurs, les Ramessides, grande lignée de militaires, utilisent les armes pour asseoir leur pouvoir et redonner à l'Egypte sa grandeur écornée. Séthi Ier chasse les Hittites de Palestine. Son fils, Ramsès II, les bat à la bataille de Qadesh, avant de signer un traité de paix. Guerrier, Ramsès II est aussi un grand constructeur : c'est à lui que nous devons Abou Simbel, le Ramasseum et la salle hypostyle de Karnak.
Ramsès III sera le dernier grand pharaon. Ses successeurs ne sauront lutter contre l'effritement du pouvoir central. Querelles de palais, pillages des tombes royales, troubles sociaux, corruption à grande échelle : le Nouvel Empire se termine sans panache.

Le clergé d'Amon est si puissant qu'il contrôle lui-même la Haute-Egypte, laissant aux rois de Tanis le pouvoir sur la Basse-Egypte.
Les pharaons de Saïs tentent bien, pendant cent cinquante ans, de faire renaître la civilisation égyptienne. Mais cela sera de courte durée. Invasions éthiopiennes et perses, mise à sac de Thèbes, révoltes populaires contre les occupants étrangers : Alexandre de Macédoine est accueilli en libérateur quand il pose le pied sur le sol égyptien, en l'an 333 avant notre ère.

Les Grecs ne souhaitent pas s'aliéner la population. Ils s'attachent donc à respecter la tradition et Alexandre le Grand lui-même se rend dans l'oasis de Siwa, où l'oracle d'Amon lui confirme sa nature divine.
Avant de repartir pour d'autres conquêtes, Alexandre décide de construire un port sur la Méditerranée : ce sera Alexandrie. Puis il confie l'administration du pays à son lieutenant Ptolémée. Celui-ci montera sur le trône d'Egypte selon le rite pharaonique, en 306 av. J.-C., et fondera ainsi la dynastie ptolémaïque. En hommage aux dieux égyptiens, les Ptolémées érigeront de nouveaux temples dans la vallée du Nil : Edfou, Kom Ombo, Dendera.
Alexandrie, capitale cosmopolite, illumine la Méditerranée de tout son éclat : éclat de son phare, bien sûr, mais aussi éclat de sa bibliothèque, de son musée, de l'esprit de ses savants, philosophes et poètes, opulence de ses négociants juifs, perses et syriens.
Le peuple, qui ne profite guère des richesses, se révolte. Ptolémée XII se voit contraint d'en appeler au gouverneur romain de Syrie pour rétablir le calme à Alexandrie. Rome, qui accoste ainsi en Egypte, entend bien y instaurer son autorité. C'est chose faite en 50 av. J.C., lorsque le pays passe sous la tutelle du sénat romain.

Cléopâtre VII, fille de Ptolémée XII, partage le trône d'Egypte avec son frère Ptolémée XIII, qui est aussi son époux. Dans le conflit qui éclate entre les deux cosouverains, Jules César prend le parti de la reine et l'aide à conserver le pouvoir. Désormais son alliée fidèle, elle devient sa maitresse et lui donne un enfant, Césarion.
César meurt, assassiné par un groupe de sénateurs dont Brutus. C'est Antoine qui prend en main la destinée de l'Egypte. Une fois encore, Cléopâtre déploie son charme et le nouveau maître du pays n'y résiste pas : « Si le nez de Cléopâtre avait été plus long... », dit-on.
Le couple sera néanmoins défait par Octave-Auguste et Césarion, assassiné. Le vainqueur a les mains libres pour faire de l'Egypte le « grenier de l'Empire ». Les premiers touristes affluent : ce sont des notables romains.
La civilisation antique s'éteindra définitivement avec les derniers textes hiéroglyphiques, en 394. Neuf ans auparavant, l'édit de Théodose contre le paganisme a fait fermer les temples. Le christianisme triomphe des dieux égyptiens.

C'est l'évangéliste Marc qui introduit le christianisme en Egypte, en l'an 40. Il devint le premier évêque d'Alexandrie, ville dans laquelle il meurt en martyr en 63, après avoir gagné de nombreux adeptes.
Le nouveau culte séduit d'autant plus les Egyptiens qu'il rappelle, par certains aspects, le culte osirien : symbolique du vin, résurrection du dieu et au-delà pour les justes, riches ou pauvres.
Les Romains persécutent les fidèles. Certains se réfugient dans le désert , à l'exemple des ermites saint Antoine et saint Paul, qui partent vivre dans des grottes nichées dans les montagnes arides.
En 313, l'empereur Constantin autorise la liberté de culte. Les chrétiens peuvent enfin vivre leur foi au grand jour. A la mort de Théodose, en 395, l'Egypte est rattachée à l'Empire romain d'Orient.
Dans la capitale, Constantinople, les querelles théologiques font rage. La doctrine monophysite, qui refuse l'Incarnation du Christ, est considérée comme hérétique. Au concile de Chalcédoine, en 451, le patriarche d'Alexandrie, Dioscore, adepte du monophysisme, est démis de ses fonctions.
Les chrétiens égyptiens se révoltent. Emeutes et excommunications se succèdent, sans faire plier les Egyptiens. A la fin du VIe siècle, l'église copte (version arabe du mot « égyptien ») conquiert son indépendance. Aujourd'hui encore, elle est placée sous l'autorité du patriarche d'Alexandrie.
Sept ans après la mort de Mahomet, en 639, les cavaliers arabes entrent à Memphis. Amr Ibn al-As, leur chef, fonde le camp militaire de Fostat, au sud du Caire actuel. La population égyptienne, lasse de l'occupation byzantine, n'oppose aucune résistance.
La nouvelle religion se propage à la faveur de mariages mixtes et de conversions. La population vit au rythme de la succession des califes : les Omeyyades de Damas (661-750), les Abbassides de Bagdad (750-870) et les Toulounides (870-905).
En 969 arrivent de Kairouan les Fatimides, qui prétendent descendre de Fatima, la fille du Prophète. Ils décident de déplacer leur capitale sur les bords du Nil. Ce sera el-Qahira (« la Victorieuse » : Le Caire). Plaque tournante des échanges commerciaux entre l'Est et l'Ouest, entre le monde musulman et l'Europe chrétienne, siège de la brillante université d'el-Azhar (fondée en 988), la ville fatimide brille de tous les feux de la civilisation islamique.
Le califat fatimide s'éteint sous les coups de boutoir des croisés. Envoyé par Bagdad, le Kurde Salah ed-Din Ayyoubi, connu en Occident sous le patronyme de Saladin, reprend les choses en mains.
Formidable guerrier redouté par les Francs, le fondateur de la dynastie des Ayyoubides maîtrise aussi l'art de la défense et fait construire l'imprenable citadelle du Caire. Lui et ses successeurs barrent efficacement la route aux croisés, qui ne dépasseront jamais Damiette, dans le delta.

En 1250, saint Louis, à la tête de la septième croisade, se fait menaçant. Le sultan ayyoubide envoie à sa rencontre ses mercenaires turcs, les Mamelouks. Profitant de leur victoire, les soldats prennent le pouvoir au Caire.
Leur règne, trois siècles durant, est ponctué d'intrigues et d'assassinats : chez les Mamelouks, le pouvoir est rarement héréditaire...
Néanmoins, l'Egypte prospère, profitant du commerce des Indes. Au Caire, les khan (maisons de commerce), les mosquées et les palais se multiplient.
Les soldats-sultans ne survivront pourtant pas à la découverte du cap de Bonne-Espérance : l'ouverture de la nouvelle route des Indes précipite la crise de l'économie égyptienne.
Les Turcs ottomans, qui ont pris Constantinople en 1453, lancent une offensive sur l'Egypte. En 1524, le pays devient une province ottomane, dirigée par des pachas, nommés par la « Sublime Porte » (califat de Constantinople), mais qui manquent d'autorité. Le pays perd sa puissance économique, s'enfonce peu à peu dans la misère et l'instabilité politique. En 1760, les Mamelouks, restés puissants, reprennent le pouvoir. La guerre civile durera jusqu'au débarquement de Napoléon Bonaparte, en 1798.

Les Français se souviennent du « Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent... » Les Egyptiens, eux, gardent en mémoire les 38 000 soldats qui débarquent de la flotte ennemie le 12 juillet 1798 à Alexandrie.
Car l'expédition est bel et bien guerrière et stratégique. Il s'agit pour le général révolutionnaire de couper la route aux Anglais, qui convoitent le pays des pharaons. Mais Bonaparte, élevé aux idées des Lumières et de la Révolution, entend aussi apporter un message de progrès. D'où les 150 savants et artistes qui accompagnent le futur empereur.
A la bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798, Napoléon écrase les Mamelouks. Au même moment, en rade d'Aboukir, les Anglais coulent les navires français. Il n'y a plus d'échappatoire possible pour les soldats de la Révolution : ils doivent administrer le pays.
Les réformes qu'ils tentent d'imposer, bien que progressistes, sont incomprises par la population. Celleci refuse l'occupation française.
Napoléon réussit à rentrer en France en laissant le général Kléber sur place. Celui-ci sera assassiné peu après.
En septembre 1801, l'armée française, harcelée et épuisée, doit capituler et rembarque à Aboukir. Dans ses bagages, elle rapporte la Description de l'Egypte, compilation monumentale des travaux des savants et des artistes.

L'armée française laisse derrière elle un pays déchiré entre l'autorité des Turcs et la puissance des Mamelouks. La « Sublime Porte » envoie des contingents. La population, encouragée par les oulémas (religieux), prend fait et cause pour un jeune officier albanais, Mohamed Ali. Il débarrassera définitivement le pays des Mamelouks en faisant massacrer leurs chefs jusqu'au dernier... lors d'un banquet.
Mohamed Ali conduit à pas forcés l'Egypte vers la modernité: construction de canaux d'irrigation, développement de la culture du coton, mise en place d'une administration inspirée du système français.
Ambitieux, le souverain albanais entreprend aussi une politique de conquête extérieure : Arabie, Soudan, Syrie. Il échoue devant les troupes ottomanes, mais Constantinople, pour le calmer, lui accorde le pouvoir héréditaire en Egypte. Il s'éteint en 1849.
En 1854, Mohamed Saïd, dernier fils de Mohamed Ali, accorde à l'ingénieur français Ferdinand de Lesseps la concession du canal de Suez. C'est lui aussi qui charge Mariette de créer un musée des Antiquités égyptiennes.
Le canal, qui relie la mer Rouge à la Méditerranée, est inauguré en 1869 sous le règne du khédive Ismaïl, en présence de l'impératrice Eugénie et de nombre de têtes couronnées.

Les fastes ne dureront pas et les spectacles donnés au tout nouvel opéra du Caire n'empêcheront pas les difficultés économiques. En 1875, Ismaïl vend les actions du canal de Suez à l'Angleterre. Mais brader le patrimoine national ne suffira pas à éponger les dettes, et le khédive est contraint, en 1876, d'accepter un condominium franco-anglais. Les finances de l'Egypte passent sous contrôle étranger.
La politique suit de près : en 1882, un corps expéditionnaire anglais débarque en Egypte, qui devient un protectorat. C'est le début d'une longue occupation, qui ne se terminera qu'en 1954.

Les Egyptiens ne supportent guère l'occupation britannique et leur mise sous tutelle politique. Dirigée par un notable, Saad Zaghlul, une délégation qui deviendra plus tard un parti politique, le wafd, réclame l'indépendance. La Première Guerre mondiale est terminée, et les Arabes ont largement contribué à la défaite de l'Empire ottoman, allié à l'Allemagne. Intransigeants, les Anglais exilent Saad Zaghloul. Ils n'ont pas compris que le dirigeant nationaliste est aussi un héros populaire. Des émeutes éclatent. Le roi Fouad obtient le retour de Zaghloul et, en 1922, une indépendance qui se révèle purement formelle. Les Britanniques ne quittent pas les rives du Nil.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Egypte se range du côté des Alliés. Rommel est défait à la bataille d'el-Alamein, en 1942. Après la défaite de l'Axe, l'hostilité des Egyptiens à l'égard de l'occupant anglais ne fait que croître. D'autant qu'ils le considèrent comme l'allié du jeune Etat d'Israël, apparu en 1948.

La défaite des armées arabes en 1949, cuisante humiliation pour l'Egypte, précipite la fin de la royauté. Le 23 juillet 1952, un groupe de jeunes militaires nationalistes, les « Officiers libres », s'empare du pouvoir et oblige le roi Farouk à abdiquer.
Le 18 juin 1953, la monarchie est abolie et le général Naguib devient le premier président de la République arabe d'Egypte. Pour la première fois depuis la fin de la civilisation pharaonique, un Egyptien dirige l'Egypte...
L'homme fort du nouveau régime s'appelle Nasser. Il a 35 ans, et il sortira de l'ombre à la fin de 1954 pour devenir le ra'is (président).
Départ des Anglais, réforme agraire, nationalisations, constructions d'écoles et d'hôpitaux, abolition des privilèges accordés aux minorités : la politique du ra'is donne au petit peuple égyptien sa revanche sur les grandes familles.
Les arrestations et l'emprisonnement des opposants, Frères musulmans et communistes, n'altèrent pas la popularité de Nasser. Dans le tiers-monde, il est considéré comme le porte-parole des opprimés. Quand les Etats-Unis refusent de financer le haut barrage d'Assouan, il nationalise le canal de Suez et fait appel à des conseillers soviétiques.
Nasser prône le nationalisme arabe, dont l'Egypte doit être le fer de lance. En 1958, il tente de concrétiser son projet en alliant l'Egypte et la Syrie dans une éphémère République arabe unie. Après l'humiliante défaite de juin 1967 - l'armée israélienne occupe le Sinaï et Gaza -, Nasser démissionne. Avant de revenir au pouvoir sous la pression d'immenses manifestations populaires. Il s'éteint en 1970.

Le nouveau ra'is, qui a vécu jusque-là dans l'ombre de Nasser, décide d'imprimer sa marque sur la politique égyptienne. Il prend ses distances avec l'Union soviétique et met fin au système du parti unique.
En 1973, après des années d'escarmouches, il lance une offensive contre les troupes israéliennes. L'armée égyptienne réussit à traverser le canal de Suez et à s'enfoncer dans le Sinaï. Les grandes puissances interviennent et font accepter un cessez-le-feu. Mais le mythe de l'invincibilité d'Israël est rompu et l'idée de la coexistence pacifique fait son chemin.
En 1978, à Camp David, l'Egypte et Israël négocient la paix. Saluée dans les capitales occidentales, la négociation est violemment critiquée par les pays arabes. L'Egypte se retrouve isolée, mise au banc de la nation arabe.
Dans le domaine économique aussi, Sadate opère un virage à 180° et opte pour le libéralisme économique. Mais la corruption qui règne discrédite le régime et les Frères musulmans en tirent profit. Le 10 octobre 1981, Sadate meurt sous les balles d'un petit groupe de militaires islamistes. Son peuple ne le pleurera guère.

Le nouveau ra'is fait tout pour détendre la situation : il libéralise le régime et se rapproche des Etats arabes. Mais le pays connaît de lourdes difficultés économiques ; la population vit de plus en plus mal et voit avec une exaspération et un désenchantement croissants les parvenus s'enrichir sans vergogne. L'influence des Frères musulmans croît. La tension entre les coptes et les musulmans aussi. De petits groupes d'islamistes radicaux prennent les armes. A partir de 1992, des escarmouches parfois sérieuses opposent ces groupes aux forces armées égyptiennes. Après une pause de 1997 à 2003, les attentats islamistes ont repris avec une ampleur inégalée, notamment dans le Sinaï.

Histoire Chronologique

L'Egypte tire l'essentiel de ses ressources de quatre domaines : le rapatriement des devises des travailleurs à l'étranger, le tourisme, les dividendes du canal de Suez et le pétrole. L'économie est fortement aidée par les Etats-Unis.
L'agriculture occupe encore 32 % de la population active, malgré un fort exode rural. Moins de 4 % du territoire est cultivable : coton et riz dans le delta, canne à sucre dans la vallée du Nil et céréales. Malgré la politique d'extension des terres cultivées, la production ne réussit pas à assurer les besoins alimentaires de la population. Les parcelles sont minuscules : chaque paysan ne dispose en moyenne que d'un demi-hectare (contre 7,7 en France).
Le barrage d'Assouan a permis l'électrification des villages et l'édification d'une industrie lourde :métallurgie, chimie, cimenteries, textile. La privatisation des grandes entreprises, exigée par le FMI, est en marche. Le pétrole constitue la troisième ressource de l'Egypte.
Le tourisme a beaucoup souffert au début des années 1990 : la guerre du Golfe (1991) puis les troubles armés ont fait fuir les touristes. Mais, depuis 1995, cette industrie, particulièrement importante pour le pays, est à nouveau florissante.

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Formules de politesse
Bonjour (respectueux) : es-salam aleikoum (réponse : aleikoum salam).
Bonjour (le matin) : sabah al-kheir (réponse : sabah al-nour).
Bonsoir (le soir) : masa al-kheir (réponse : masa al-nour).
Bienvenue : ahlan wa sahlan.
Au revoir : maa salam.
Comment ça va ? : ezzayak (pour un homme); ezzayek (pour une femme).
Ça va bien : kwayyes ou taman.
S'il vous plaît : min fadlak (pour un homme); min fadlik (pour une femme).
Merci : choukran.
Pardon/excusez-moi : assef.
Tant pis/ce n'est pas grave : maalesh.
C'est impossible : mich momken.
Peut-être : momken.

Climat

Etant donné la superficie du pays, le climat varie en fonction des régions et des saisons. La période idyllique pour se rendre en Egypte court de novembre à mars. Les pluies sont très rares au Caire, pratiquement inexistantes en Haute-Egypte. Les températures diurnes sont extrêmement agréables, surtout à Assouan et Louxor mais les nuits peuvent être fraîches au Caire et à Alexandrie, d'autant que peu d'endroits sont efficacement chauffés.
Au printemps (mars-avril) souffle le khamsin, vent du désert qui soulève en tourbillons le sable et la poussière. Quant à l'été, il est franchement chaud et même très chaud. Dans le sud du pays, les températures peuvent atteindre les 45 °C, voire 50 °C. Cependant, l'atmosphère, très sèche, y est moins étouffante qu'au Caire à la même période. Le rivage de la Méditerranée bénéficie d'un climat estival agréable. Du coup, tous les Cairotes un peu argentés s'y rendent en vacances et les plages sont aussi bondées que sur la Côte d'Azur !

Formalités

Les citoyens français peuvent entrer en Egypte sur simple présentation d'un passeport ou d'une carte d'identité, valides au minimum 6 mois après la date de retour. Le visa est obligatoire et payant. Avec un passeport, il peut être obtenu soit auprès du consulat égyptien français (pour un mois : 25 euros), soit à l'arrivée en Egypte (15 $ ou 15 euros). Avec une carte d'identité, le visa est apposé à l'arrivée sur un formulaire spécifique fourni par les autorités locales, pour lequel deux photos d'identité seront nécessaires. Le visa d'un mois peut être prolongé au Bureau de l'immigration (immeuble Le Mogamma, place Tahrir, Le Caire).

Hormis les produits interdits, partout, elles ne sont que de simples formalités. Il est préférable d'avoir sur soi les factures des appareils photo et vidéo que l'on transporte. Elles peuvent être réclamées à la sortie du territoire. Caméras et autres Caméscope doivent être déclarés à l'arrivée.
Les voyageurs sont autorisés à entrer sur le territoire égyptien en possession de la somme de 5 000 livres égyptiennes maximum.

Monnaie

La monnaie nationale est la livre égyptienne (pound en anglais et guineh en arabe), divisée en cent piastres.
La banque propose des coupures de 1, 5, 10, 20, 50 ou 100 LE. Cette dernière est parfois difficile à écouler, la petite monnaie constituant un éternel problème dans ce pays. Ne pas accepter de billets trop abîmés, ils seront ensuite refusés.
L'importation des devises est libre. L'utilisation de la carte de crédit internationale se répand assez rapidement. Il est possible de l'utiliser dans les bureaux de change des grands hôtels. Des automates ont également fait leur apparition dans les hôtels de luxe du Caire. La carte de paiement internationale est aussi acceptée dans les grands restaurants et les boutiques de luxe.
La vie en Egypte est nettement moins chère qu'en Europe. Dans le cadre d'un voyage organisé, le prix de la chambre d'hôtel, des repas ou encore des tickets d'entrée dans les musées et sur les sites, est pris en charge. Les hôtels trois étoiles pratiquent des tarifs variables, de 15 euros à 35 euros. Pour une chambre dans un quatre étoiles, il faut compter entre 36 euros à 90 euros et plus dans les cinq étoiles.
6 à 13 euros permettent de déjeuner ou de dîner dans un restaurant de moyenne catégorie. Si on dispose d'un petit budget, 3 euros à 5 euros suffisent pour prendre un repas dans un restaurant populaire.
Ce sont sans doute les prix des tickets des musées et des temples qui peuvent paraître les plus élevés en regard de la vie quotidienne : de 12 LE pour les temples de la rive ouest, à Louxor, à 100 LE pour la tombe de Néfertari. Les prix se situent en moyenne aux alentours de 20 LE. Les amateurs de photographies dans les musées devront payer un droit d'entrée supplémentaire souvent très élevé.

Que faut-il emporter ?

En hiver, il faut prévoir des vêtements de demi-saison assez légers, sans oublier de se munir d'un pull, voire d'un manteau : les nuits sont plutôt fraîches. Pour l'été, tee-shirts, pantalons et jupes longues amples et légers constituent l'essentiel de la garde-robe. Les tissus sombres sont fortement déconseillés. A proscrire également, les shorts, les minijupes, les décolletés et les hauts sans manches. Enfin, lunettes de soleil, produits solaires, chapeaux et maillots de bain garniront les valises.

Adresses utiles

Offices du tourisme: France
90, avenue des Champs-Elysées, 75008 Paris,
tél. : 01 45 62 94 43 ; fax : 01 42 89 34 81. Service vocal : 08 99 70 22 15 .
www.egypt.travel
Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 16 h.

Ambassades en France : 56, av. d'Iéna, 75116 Paris, tél. : 01 53 67 88 30.
Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 13 h et de 15 h à 17 h.

Informations touristiques

Chaque grand hôtel possède un petit bureau d'informations pour les touristes. Sinon, il faut s'adresser aux offices touristiques locaux. Feuilleter également le mensuel Cairo Today, qui publie des reportages et des informations intéressants.
En cas de problème, s'adresser à la police touristique, dont les fonctionnaires sont présents sur tous les sites

Change

Une livre équivaut à environ 0,12 euros. Elle est indexée sur le dollar et suit donc ses fluctuations. Dans les hôtels 5 étoiles et les aéroports, les bureaux de change sont a priori ouverts en permanence et acceptent la carte bancaire sur présentation du passeport. Pour les étudiants, la carte internationale permet de bénéficier de 50 % de réduction à l'entrée des musées et des sites.
On trouve dans la plupart des grands hôtels des distributeurs automatiques.

Langue

La langue officielle de l'Egypte est l'arabe. La langue du Coran, très riche mais très complexe, n'est guère utilisée que dans le domaine religieux. Les médias, les discours et les écrits usent d'un arabe un peu plus simple que celui du Coran. A l'oral, on utilise l'arabe dialectal, sensiblement différent de la langue écrite. Inutile de parler algérien ou marocain avec un Egyptien : il ne comprendra pas, les dialectes maghrébins et proche-orientaux étant très éloignés les uns des autres.
L'anglais est la deuxième langue du pays : à part dans les zones rurales, tout un chacun en prononce quelques mots. Les Egyptiens qui travaillent dans les zones touristiques le pratiquent en général assez bien. Le français, longtemps langue « officielle » de la bourgeoisie, est moins répandu.

Horaires

Quand il est 12 h à Paris, il est 13 h au Caire.
Le jour officiel de repos est le vendredi. Mais nombre de boutiques sont fermées plutôt le dimanche. A vrai dire, il n'est pas toujours facile de se retrouver dans les heures d'ouverture et de fermeture, surtout pendant le Ramadan. De toute façon, mieux vaut se renseigner systématiquement.
Les administrations sont ouvertes de 9 h à 14 h, sauf le vendredi.
Les banques ouvrent de 8 h 30 12 h 30 (de 10 h à 12 h le dimanche) et ferment le vendredi.
Les magasins sont ouverts dans leur grande majorité toute la journée, parfois jusqu'à 22 h.
Les musées accueillent le public en général de 9 h à 16 h en hiver, 17 h en été. Le vendredi, ils ferment leurs portes, pour la grande prière, de 11 h 30 à 13 h 30.

Fêtes et jours fériés

1er janvier : jour de l'an.
25 avril : restitution du Sinaï à l'Egypte par Israël.
1er mai : fête du travail.
18 juin : jour du retrait britannique.
23 juillet : la Révolution.
6 octobre : fête nationale.
23 décembre : jour de la Victoire.

Cuisine

La cuisine égyptienne n'a ni la variété ni la saveur de la cuisine libanaise. Mais on mange bien, copieusement et pour pas cher. Le plat national est le foul, des fèves longuement mijotées qui se dégustent de mille manières : par exemple, dans un petit pain rond, le pain baladi, avec de l'ail, du citron et du cumin, de la crème fraîche, de la pastourma (« jambon » de boeuf séché local). Pas un Egyptien ne commence sa journée de travail sans son foul ou sa taameyya, sorte de falafel. Nos estomacs européens supportent mieux ces plats, assez lourds, le midi.
Autre plat très bon marché (et peu digeste, lui aussi !) : le kochari, mélange de lentilles, de nouilles et de riz relevé d'oignons frits et d'une sauce piquante.
Les mezze sont une tradition en entrée : tehina (sauce épaisse à base de sésame), baba ghanoug (à base d'aubergines) et crudités, que la qualité de la terre du Nil et le patient travail des fellahs rendent particulièrement goûteuses.
La viande est plus chère, mais délicieuse. On peut déguster des grillades, des kebab, brochettes de mouton ou de poulet marinés, des koftas, brochettes de viande hachée, et des pigeons farcis, grande spécialité du pays. Avec la viande, on servira du riz, préparé à l'égyptienne, et de multiples légumes :molokheyya (une sorte de soupe d'herbes hachées finement), aubergines, courgettes, etc.

Les deux boissons nationales sont le thé et le café turc, que les Egyptiens sirotent très sucré à toute heure du jour et de la nuit. Hormis cela, ils sont de grands amateurs d'infusions : signalons le karkadé, à base de fleurs d'hibiscus séchées, qui se déguste chaud ou froid. Les jus de fruits frais, servis à volonté dans des échoppes, un peu partout, sont un pur bonheur : selon les saisons, jus de mangue, fraise, banane, orange, citron, grenade ou canne à sucre régalent les papilles à des prix ridiculement bas. L'alcool. Les grands hôtels disposent d'alcools d'importation. Ne pas consommer le whisky, le gin ou la vodka locaux, souvent frelatés. Le vin égyptien est d'une qualité très variable mais souvent moyenne. Le rosé se laisse boire, s'il est servi bien glacé. La valeur la plus sûre reste la bière locale, la Stella, peu alcoolisée et très agréable après une journée d'excursion.

Transports intérieurs

En avionEgyptair assure des liaisons plusieurs fois par jour avec Alexandrie, Louxor, Hourghada et Assouan. Il existe également des vols à destination du Sinaï. Il est prudent de systématiquement vérifier les horaires donnés et de se présenter à l'aéroport une heure avant le décollage. Voici quelques tarifs au départ du Caire

Taxi et calèche: On peut les emprunter pour une course ou les louer à la journée. Dans le premier cas, le prix dépend de la distance mais il ne correspond en aucun cas à celui affiché sur le compteur, non réactualisé depuis une bonne vingtaine d'années. A la journée, un taxi vous coûtera, selon vos dons pour le marchandage, de 80 LE à 100 LE.

Moyens de communication

Evidemment, si on ne connaît pas l'arabe, le choix sera réduit... La presse égyptienne est l'une des plus anciennes de la région. Quant à la radio et à la télévision, elles ont très longtemps fait figure de référence dans l'ensemble du monde arabe, du Maroc à l'Irak. Un quotidien paraît en français au Caire : le Progrès égyptien. L'hebdomadaire El-Ahram Hebdo est de meilleure qualité. En anglais, on trouve le quotidien The Egyptian Gazette, les hebdomadaires Al-Ahram Weekly et Cairo Today, et le mensuel Egypt Today. A la télévision, un journal en langue française est proposé chaque soir à 19 h. sur la deuxième chaîne et les programmes de la radio nationale font la part belle aux chansons françaises.

L'affranchissement des lettres pour l'étranger coûte 1,30 LE. Le courrier met de 5 à 10 jours pour parvenir en Europe.
Tous les hôtels 5 étoiles possèdent des services de communication. Mais il faut payer la minute vers l'Europe bien plus cher que dans les centraux téléphoniques, qui fonctionnent parfaitement et sont ouverts 24 heures sur 24. Il existe des cartes de téléphone, que l'on peut acheter dans les centraux et qui sont très pratiques pour appeler à l'étranger sans faire la queue. Les téléphones mobiles français passent très bien, mais le roaming est à un prix prohibitif.
Pour téléphoner en France, composez le 00 33 puis le numéro sans le 0.

Santé

Aucun vaccin n'est obligatoire pour entrer sur le territoire égyptien. Cependant, avant de partir en vacances, penser à se faire vacciner contre le risque le plus grave qui touche les voyageurs après le paludisme, l'hépatite A. Deux doses protègent pendant 10 ans. Sur place, éviter de toute façon de boire de l'eau non minérale. Deux maladies sont endémiques en Egypte : la méningite et la bilharziose.
Pour la première, un vaccin suffit pour éviter tout risque. Quant à la seconde, véhiculée par des vers qui pénètrent dans la peau, elle se contracte dans les eaux stagnantes. Il faut donc éviter de se baigner dans le Nil ou dans les canaux... Les sources d'eau chaude sont elles sans danger. De toute façon, la bilharziose se guérit très bien.
Il est difficile d'échapper à la tourista. Changement de régime alimentaire, chaleur et hygiène parfois inférieure à celle dont nous avons l'habitude, tout se conjugue pour favoriser ces troubles digestifs. Manger du riz et boire beaucoup d'eau : 24 heures après, il n'y paraîtra plus. Le changement dans les habitudes alimentaires durant un voyage entraîne souvent des maux et aigreurs d'estomac. Brûlures, remontées acides risquent de ternir un peu les vacances. Il est donc préférable d'emporter un antiacide.

Sécurité

Assurances:
Généralement, un voyage n'est remboursé intégralement que s'il est annulé au moins un mois avant le départ. Il est conseillé de souscrire une assurance-annulation car elle joue en cas de maladie, accident ou décès avant le départ. Une assurance-assistance est proposée en option. Elle n'est pas obligatoire, mais peut être très utile, car elle prend en charge les frais médicaux, le rapatriement et éventuellement une aide juridique.
Hormis des troubles sporadiques en Moyenne-Egypte, le pays est extrêmement sûr. Etant donné la pauvreté et la surpopulation qui règnent, c'est même très étonnant. Ne pas tenter le diable en arborant des signes de richesse ostentatoires.

Voltage

220 volts partout.

Arts, architecture, beaux livres

Dans les souks d'Egypte, il y en a pour tous les goûts : du kitsch, du surchargé, du sobre, du vrai patiné par le temps, du faux hâtivement contrefait.

Littérature

L'Egypte se vante d'avoir donné naissance, physiquement et intellectuellement, au seul écrivain arabe couronné du prix Nobel : Naguib Mahfouz (1911-2006). Avec deux de ses contemporains, Taha Hussein et Tawfiq al-Hakim (aujourd'hui décédés), il a révolutionné la littérature égyptienne : les premiers, ils ont raconté, sans s'embarrasser de la narration arabe traditionnelle, la vie des petites gens.
Leurs successeurs, Gamal al-Ghitany, Nabil Naoum, Sonallah Ibrahim pour ne citer qu'eux, inscrivent résolument leur oeuvre littéraire dans le quotidien de leurs contemporains. On y rencontre des hommes brisés par le régime nassérien, des femmes souffrant de la dureté du libéralisme économique et des êtres attachants, qui portent en eux la chaleur de l'Egypte.

Descriptif destination brochure

Qui a bu l'eau du Nil reviendra sur ses rives, prétend un proverbe égyptien. Et nul ayant goûté l'eau du fleuve nourricier, divinité antique et veine vitale de l'Egypte, ne le démentira. Car tous y retournent effectivement, un jour ou l'autre.
Bien sûr, il y a les merveilles de la civilisation pharaonique, les fresques des sépultures royales, la magie des temples et des monuments funéraires, la ronde des divinités, l'éclat des bijoux de Ramsès II. De ces rêves de notre enfance, de ces trésors mythiques et toujours mystérieux, ni le regard ni l'âme ne se lassent.
Il ne faut pas, pour autant, passer à côté de l'Egypte actuelle, pays vivant riche de son histoire millénaire, de ses cultures mêlées et de ses soixante-dix-huit millions d'habitants.
Douceur des paysages verdoyants du delta et de l'étroite vallée du Nil, flamboiement du désert et des falaises de pierre ocre au coucher du soleil, luminosité bleutée des eaux du fleuve, gigantisme de la capitale, qui ne s'endort jamais totalement, langueur des villages quand les paysans sont aux champs et, partout et toujours, accueil souriant et chaleureux des habitants : qui saura résister à l'Egypte?

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